Certaines entreprises traversent les générations en restant profondément attachées à leurs racines. Rue Vinâve, à Engis, Mécanique Graindorge fait partie de ces ateliers où l’histoire industrielle se lit autant sur la façade du bâtiment que dans le bruit des machines, les pièces en attente, les outils rangés à portée de main et les gestes précis de celles et ceux qui y travaillent.

Fondée en 1891, l’entreprise familiale est aujourd’hui portée par sa quatrième génération. Au fil des années, l’entreprise a vu évoluer les machines, les techniques, les exigences et les besoins de ses clients, tout en conservant une même ligne de conduite : la qualité du travail, la précision du geste et cette culture du métier qui se transmet de génération en génération.
Mécanique Graindorge est active dans les travaux d’usinage, de réparation, de maintenance, de rectification, de rechargement, de soudure et d’étude. L’entreprise réalise aussi bien des pièces uniques que des pièces en série, de quelques grammes à plusieurs tonnes.


Dans l’atelier, cette réalité prend tout de suite forme. Les grandes longueurs d’acier côtoient des pièces plus fines, les machines conventionnelles rappellent l’expérience accumulée au fil des décennies, tandis que les équipements à commande numérique témoignent de l’innovation et de l’évolution constante du métier. Cette cohabitation entre tradition et modernité raconte bien la richesse de la mécanique générale : un secteur où le savoir-faire manuel reste essentiel, mais où la précision passe aussi par les nouvelles technologies.
Tournage, fraisage, alésage, rectification, forage, mortaisage, soudage : derrière ces termes techniques, il y a des demandes très concrètes, souvent spécifiques, parfois urgentes. Il faut parfois fabriquer, parfois réparer, parfois adapter une pièce à son usage réel, à ses contraintes et à son usure. C’est là que l’expérience prend tout son sens, avec cette capacité à proposer une solution fiable, soignée et durable.


Derrière les machines, il y a surtout des travailleurs de métier. Mécanique Graindorge compte aujourd’hui une vingtaine de personnes, dont seize ouvriers en mécanique et quatre employés de bureau. L’entreprise mise sur la stabilité, la fidélité et l’intégration sur le long terme. Beaucoup y restent durablement, signe d’un fonctionnement où l’esprit de famille a toute sa place.
Cette dimension se retrouve aussi dans l’accueil de jeunes profils, de stagiaires et d’apprentis. L’entreprise est intégrée dans des réseaux de formation, notamment avec Technifutur et l’école Saint-Laurent de Liège en promotion sociale. Des parcours permettent de découvrir les machines, d’apprendre progressivement les bases du métier ou d’aller vers des compétences plus techniques liées à la programmation et au codage.
Dans des métiers comme fraiseur, tourneur ou ajusteur mécanicien, souvent recherchés et parfois en pénurie, la formation ne s’arrête jamais vraiment au diplôme. Elle se poursuit dans l’atelier, dans les gestes répétés, dans les problèmes à résoudre et dans les échanges avec ceux qui connaissent la matière, les machines et les contraintes du terrain.
Dans une commune marquée par son histoire industrielle, Mécanique Graindorge rappelle que l’économie locale se construit aussi dans les ateliers, les halls de production, les bureaux techniques et les métiers de précision. Ce sont des activités parfois moins visibles au quotidien, mais essentielles pour faire vivre l’emploi, la transmission et un savoir-faire industriel solidement ancré à Engis.
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